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Aimé Jacquet aujourd’hui : que devient l’ancien sélectionneur des Bleus ?

Aimé Jacquet aujourd’hui : que devient l’ancien sélectionneur des Bleus ?

Aimé Jacquet aujourd’hui : que devient l’ancien sélectionneur des Bleus ?

Il a quitté le terrain sans jamais vraiment disparaître. Aimé Jacquet reste associé à une image : celle d’un homme debout, les yeux brillants, les mains tremblantes de retenue, au soir du 12 juillet 1998. La France vient de battre le Brésil 3-0. Le pays bascule dans une nuit de fête. Lui, au milieu du vacarme, mesure déjà le poids de l’instant.

Depuis, le temps a passé. Les générations ont changé. Les Bleus ont connu d’autres épopées, d’autres blessures, d’autres héros. Aimé Jacquet, lui, s’est progressivement retiré de la lumière. Alors, que devient l’ancien sélectionneur de l’équipe de France ? Où vit-il ? Que fait-il aujourd’hui ? Et pourquoi son nom continue-t-il de résonner avec une telle force dans le football français ?

Un homme devenu une mémoire du football français

Aimé Jacquet est né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan, dans la Loire. Avant de devenir sélectionneur, il fut d’abord un joueur solide, puis un entraîneur reconnu. Son parcours n’a rien d’un conte fabriqué après coup. Il s’est construit lentement, dans les vestiaires, sur les terrains lourds et les bancs de touche où l’on apprend à observer avant de parler.

Comme joueur, il évolue notamment à l’AS Saint-Étienne. Il y remporte plusieurs titres de champion de France et s’inscrit dans la grande histoire des Verts. Cette expérience stéphanoise forge son caractère : exigence, discipline, goût du collectif. Jacquet n’est pas le technicien des effets de manche. Il préfère le travail quotidien aux grandes déclarations.

Après sa carrière de joueur, il entraîne plusieurs clubs. Bordeaux sera son autre grande maison. Avec les Girondins, il remporte le championnat de France en 1987 et construit une équipe compétitive, organisée, capable de résister aux plus grandes formations européennes.

Mais c’est avec l’équipe de France qu’il entre définitivement dans la légende. Nommé sélectionneur en 1993, après l’échec de la génération qui n’avait pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 1994, il prend en main une sélection fragilisée. Le pays doute. Le football français cherche un nouveau souffle.

Jacquet impose alors ses choix. Il écarte certains cadres. Il lance ou responsabilise une nouvelle génération. Zinedine Zidane, Didier Deschamps, Laurent Blanc, Marcel Desailly, Lilian Thuram, Bixente Lizarazu et Fabien Barthez deviennent les visages d’un groupe qui apprend à gagner ensemble.

1998 : le sommet, puis le procès médiatique

La victoire de 1998 a parfois donné l’impression que tout était écrit. Rien ne l’était. Avant le tournoi, Aimé Jacquet est attaqué de toutes parts. Une partie de la presse critique son style, ses choix, son absence supposée de modernité. Le sélectionneur est présenté comme un homme défensif, austère, presque dépassé.

Le quotidien L’Équipe publie même, avant la finale, une une restée célèbre : « Et maintenant, il faut gagner ». La phrase résume la pression qui entoure Jacquet. Il ne suffit pas d’avoir atteint la finale. Il faut encore faire taire les doutes.

La réponse arrive sur la pelouse du Stade de France. Deux buts de Zidane sur corner. Un troisième signé Emmanuel Petit dans les dernières minutes. La France devient championne du monde. Le sélectionneur, lui, ne cherche pas la revanche spectaculaire. Il savoure, mais sans triomphalisme.

Cette retenue explique peut-être une part de sa popularité. Aimé Jacquet n’a jamais donné le sentiment de vouloir confisquer le succès. Il a répété que la victoire appartenait aux joueurs, au staff, aux clubs, aux bénévoles et à tous ceux qui avaient contribué à faire grandir le football français.

Après le sacre, il quitte son poste de sélectionneur. Il ne prolonge pas l’aventure jusqu’à l’Euro 2000, remporté ensuite par Roger Lemerre. Jacquet passe alors à une autre fonction au sein de la Fédération française de football : celle de directeur technique national.

Une dernière mission auprès de la Fédération française de football

De 1998 à 2006, Aimé Jacquet occupe le poste de directeur technique national. Une fonction moins exposée, mais essentielle. Le DTN ne choisit pas seulement les joueurs de l’équipe A. Il travaille sur la formation, les entraîneurs, les sélections de jeunes et l’organisation générale du football français.

Autrement dit, après avoir construit une équipe championne du monde, Jacquet participe à structurer l’écosystème qui doit permettre à d’autres talents d’émerger. Son rôle se situe en amont. Dans les centres de formation. Dans les méthodes d’entraînement. Dans la transmission.

Cette dimension est souvent oubliée lorsque l’on évoque son parcours. On retient le 12 juillet 1998, la coupe soulevée par Didier Deschamps et la foule sur les Champs-Élysées. On parle moins du travail institutionnel mené ensuite, loin des caméras.

En 2006, Aimé Jacquet quitte la direction technique nationale. Il se retire progressivement de la vie opérationnelle du football. Depuis, il n’occupe plus de fonction dirigeante dans un club ou auprès des Bleus. Il ne participe plus au quotidien d’une sélection devenue une machine médiatique mondiale.

Que fait Aimé Jacquet aujourd’hui ?

Aimé Jacquet mène désormais une vie beaucoup plus discrète. Il n’est plus présent chaque semaine sur les plateaux de télévision. Il ne commente pas chaque liste de joueurs. Il ne publie pas de tribunes à répétition. Dans une époque où la moindre opinion devient un contenu, ce silence a quelque chose d’assez rare.

Il continue toutefois d’être sollicité pour évoquer le football français, la Coupe du monde 1998 ou la formation des jeunes. Il intervient ponctuellement dans des entretiens, des documentaires ou des événements liés au sport. Ces apparitions restent espacées. Elles ont souvent la valeur d’une conversation avec un témoin de l’histoire.

Son regard demeure recherché parce qu’il connaît les ressorts intimes d’une victoire. Il sait qu’un titre ne naît pas seulement d’un schéma tactique. Il repose sur des personnalités, des frustrations, des rapports de force et la capacité d’un groupe à dépasser les ego.

Jacquet a aussi continué à transmettre. Il a participé à des actions en faveur du football amateur et de la formation. Son nom reste associé à l’idée qu’un joueur se construit bien avant d’entrer dans un stade rempli de 80 000 spectateurs.

Il n’existe pas, en revanche, de présence publique quotidienne ou de nouvelle fonction officielle majeure le concernant. L’ancien sélectionneur profite d’un retrait assumé. Les informations précises sur son lieu de vie, son emploi du temps ou ses activités personnelles restent limitées. Et c’est probablement volontaire.

Une relation intacte avec les anciens Bleus

Les joueurs de 1998 parlent encore de lui avec une forme de respect affectueux. Aimé Jacquet n’était pas seulement un entraîneur. Il était celui qui avait accepté de porter la pression au moment où le groupe en avait besoin.

Didier Deschamps, devenu à son tour sélectionneur et champion du monde en 2018, a souvent reconnu l’importance de cet héritage. La comparaison entre les deux hommes est tentante. Même sens du collectif. Même attention portée à l’équilibre d’un vestiaire. Même capacité à protéger un groupe des turbulences extérieures.

Mais Jacquet ne revendique pas une méthode universelle. Il a toujours rappelé que chaque génération possède ses propres codes. Les Bleus de 1998 ne sont pas ceux de 2018. Le football a changé. Les joueurs évoluent dans un environnement plus exposé, plus rapide, plus commenté. La pression ne s’arrête plus au coup de sifflet final : elle se prolonge sur les réseaux sociaux, dans les émissions et jusque dans les téléphones des joueurs.

Ce qui demeure, selon lui, c’est la nécessité de créer un cadre. Un groupe ne devient pas une équipe par magie. Il faut des règles, de la confiance et une vision partagée. La formule paraît simple. Elle est pourtant au cœur de toutes les grandes aventures sportives.

Le poids d’un héritage parfois encombrant

Être l’homme du premier titre mondial français n’est pas un statut facile à porter. Chaque nouvelle victoire des Bleus est comparée à 1998. Chaque défaite semble raviver les fantômes de l’après-Mexique 1986 ou de l’Euro 2004. Jacquet, lui, a connu les deux faces de la mémoire sportive : l’adulation et l’oubli provisoire.

Il sait aussi que le récit national a tendance à simplifier les histoires. En 1998, tout aurait été parfaitement uni. Tout aurait été préparé. Tout le monde aurait cru au succès. La réalité est plus nuancée. Le groupe a connu des tensions. Les choix de joueurs ont été discutés. Le sélectionneur a douté, comme n’importe quel entraîneur confronté à un rendez-vous historique.

C’est peut-être ce qui rend son parcours si humain. Aimé Jacquet n’a pas gagné parce qu’il était infaillible. Il a gagné parce qu’il a su tenir dans la tempête. Parce qu’il a accepté d’être impopulaire. Parce qu’il a compris qu’un sélectionneur devait parfois prendre les coups à la place de ses joueurs.

Son histoire rappelle une règle souvent oubliée du sport : les héros ne ressemblent pas toujours à des héros avant l’exploit. Ils peuvent sembler trop prudents, trop silencieux, trop ordinaires. Puis un soir, le décor s’embrase et leur rôle apparaît autrement.

Un retrait qui dit aussi quelque chose de notre époque

Aimé Jacquet appartient à une génération d’entraîneurs qui ne vivaient pas sous la surveillance permanente des caméras. Les conférences de presse existaient, bien sûr. Les critiques aussi. Mais le flux médiatique n’avait pas la vitesse actuelle.

Aujourd’hui, un sélectionneur doit répondre en temps réel aux commentaires, aux sondages et aux polémiques. Un choix de remplacement peut devenir une affaire nationale en quelques minutes. Jacquet observe cette évolution avec le recul de ceux qui ont connu une autre temporalité.

Son silence n’est pas nécessairement un désintérêt. Il peut être une manière de préserver ce qui compte. Le football ne se résume pas aux débats de plateau. Il existe aussi dans les clubs amateurs, sur les terrains municipaux, dans les éducateurs qui arrivent tôt le samedi matin et dans les enfants qui jouent sans connaître le classement FIFA.

À plus de 80 ans, Aimé Jacquet reste donc une figure tutélaire plutôt qu’un acteur du quotidien. Il n’est plus dans le bruit du football. Il en est devenu l’un des repères.

Pourquoi son nom reste si présent

Vingt-six ans après la finale de 1998, le nom d’Aimé Jacquet continue de surgir dès que les Bleus disputent une grande compétition. Ce n’est pas seulement par nostalgie. C’est parce que son parcours concentre plusieurs questions qui dépassent le football.

Jacquet a répondu à ces questions avec ses armes : le travail, la patience et une certaine pudeur. Il n’a pas cherché à devenir une icône. La France en a fait une.

Aujourd’hui, l’ancien sélectionneur vit loin de l’agitation médiatique, tout en restant lié à la grande histoire du football français. Il apparaît encore lorsque l’actualité ou la mémoire l’exigent. Quelques mots suffisent alors. Une analyse. Un souvenir. Une phrase sur le collectif.

Le reste appartient aux images. Le Stade de France en juillet 1998. La Marseillaise. Les joueurs en bleu. Et, sur le bord du terrain, un homme qui comprend avant tout le monde que sa vie vient de changer.

Aimé Jacquet n’a pas totalement quitté le football. Il a simplement changé de place. Autrefois au centre de la scène, il regarde désormais le jeu depuis la marge. Avec la distance des anciens. Et cette certitude tranquille : dans le sport comme dans la vie, les plus grandes victoires ne font pas toujours le plus de bruit après le coup de sifflet final.

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